Conseil général (87) : les travailleurs sociaux en lutte

Le 6 octobre, en commission permanente, le conseil général de la Haute-Vienne a décidé (voté à l’unanimité, y compris par le Front de gauche) de supprimer l’aide sociale à l’enfance pour les jeunes en difficulté entre 18 et 21 ans qui n’auraient pas été suivis dès l’âge de 15 ans. Une mesure discriminatoire.

Celle-ci remet en cause le travail social du personnel pour l’insertion de ces jeunes en difficulté, et va mettre à la rue des dizaines de jeunes à l’âge de 18 ans. Cette suppression du « contrat jeune majeur » concerne près d’une centaine de jeunes en grande difficulté d’insertion, et risque d’en faire des laissés pour compte de la société. Tout le personnel éducatif en a bien conscience.
Les travailleurs sociaux du CG87 contestent cette décision et sont donc entrés en lutte le 24 novembre, occupant le conseil général et expulsés par la police. Jusqu’au 5 décembre, ils ont « campé » toute la journée sur le parvis du conseil général et y ont organisé leur mouvement, ponctué de deux manifestations en ville regroupant plus de 200 personnes.

Journée d’action nationale
La présidente PS du CG87, véritable Thatcher locale, prétexte les baisses de dotations de l’État aux collectivités territoriales pour prendre cette mesure inique qui vise particulièrement les mineurs isolés étrangers. Elle refuse toute négociation et dénie aux travailleurs sociaux le droit d’intervenir dans les décisions du CG87. Quand au Front de gauche, il soutient maintenant la lutte des travailleurs sociaux et, concernant le vote de leurs élus, prétexte une grosse bourde de leur part...
Pour la suite, les travailleurs continuent leur lutte sous forme d’actions ponctuelles et d’une manifestation le vendredi 12 décembre, à l’occasion de la journée d’action nationale du travail social qui peut permettre de renforcer leur lutte en évitant l’isolement. À suivre.

Correspondant

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