BDS : première victoire pour les 7 militantEs d’Alençon

Tout a commencé le 13 février 2009, quand une vingtaine de personnes se sont retrouvées dans un supermarché d’Alençon (61) pour une action Boycott Désinvestissement Sanctions, action qui a été suivie de 14 autres sur la ville...

Des tracts ont été distribués devant et dans le magasin, et des produits mis dans des caddies. Quatre officines sionistes ont porté plainte et la procureure d’Alençon y a donné suite, sur la base de la circulaire Alliot-Marie parue quasiment à la même date. À partir de là s’engage alors un véritable marathon judiciaire pour les 7 inculpéEs ! Et une intense campagne unitaire de dénonciation de ce procès politique qui criminalise les militantEs de la solidarité avec le peuple palestinien.
7 militantEs du Collectif Palestine Orne (dont des membres du NPA) ont donc été auditionnés ce lundi 22 septembre par la Cour d’Appel de Caen. 130 personnes étaient réunies devant le tribunal pour les soutenir. Parmi eux, on comptait une vingtaine de camarades du NPA. On pouvait aussi noter la présence des relaxéEs de Perpignan et de Pontoise.
Les prises de parole se sont succédé pour dénoncer l’occupation et la colonisation de la Palestine par Israël et le caractère politique de ce procès. Pour le NPA, Christine Poupin a exigé la fin de la répression du mouvement de solidarité avec la lutte du peuple palestinien et l’arrêt de toutes les poursuites contre ses militantEs. Elle a donné rendez-vous le 22 octobre pour la mobilisation unitaire autour d’Alain Pojolat.

Le boycott n’est plus en procès
À l’intérieur, dès le début, le parquet fait savoir qu’il ne ferait pas appel sur la relaxe du chef d’inculpation de « provocation, incitation à la discrimination, à la haine ou à la violence ». Cette victoire est importante car symbolique. En effet, cela signifie que le parquet a renoncé à poursuivre les militantEs sur le terrain du boycott lui-même. Les parties civiles voient alors toute leur stratégie d’attaque s’effondrer, même si elles ont tenté de poursuivre dans leur logique.
Les militantEs ont donc été jugés pour le second motif, à savoir : « entrave à une activité économique normale »... Il leur est reproché d’avoir, pendant une quinzaine de minutes, retiré des rayons les produits israéliens, et donc d’avoir empêché les consommateurs de les acheter... Si les militantEs ont tous reconnu les faits, ils ont surtout revendiqué l’objectif de la campagne BDS : dénoncer la politique colonialiste du gouvernement israélien menée depuis des décennies. Ils ont été soutenus par les témoignages de Francis Wurtz (PCF), Michèle Sibony (UJFP) et Omar Slaouti. Ce dernier a dénoncé le caractère politique de ce procès, avec notamment la mise en cause de la circulaire Alliot-­Marie / Mercier, et a récusé toutes les accusations d’antisémitisme.
À la fin du procès, le plaidoyer des parties civiles s’est résumé à accuser les prévenuEs et ceux qui les soutiennent d’antisémitisme... À bout d’argument, ils ont qualifié les militantEs de « terroristes intellectuels irresponsables ». De son côté l’avocat général, représentant le parquet, a admis que la cause défendue était « honorable, respectable ». Mais convaincu que le délit d’entrave est établi, il réclame une peine de 1 000 euros d’amende pour chacun des accuséEs. Délibéré le 24 novembre 2014.

Correspondante

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