AZF : catastrophe judiciaire

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21 septembre 2001 - 13 janvier 2015... 14 ans après la catastrophe industrielle et humaine, la Cour de cassation vient d’annuler le jugement de la cour d’appel de Toulouse du 24 septembre 2012 qui avait condamné le directeur du site et la société Grande Paroisse, filiale de Total.

À la demande de Total, cette décision a pour objectif de continuer à semer le trouble, d’empêcher de tirer toutes les conséquences de la responsabilité pleine et entière du patronat et de l’organisation du travail qu’il impose afin que rien ne vienne empêcher les politiques de déréglementation du travail. Elle intervient alors que le projet de loi Macron vise à précariser toujours plus les contrats et à réduire les moyens de prévention et d’intervention des représentants des salariéEs, en particulier dans les CHSCT.
Dès les premières heures qui suivirent la catastrophe AZF, Total n’a cessé de faire obstacle à l’enquête et d’enfumer la justice en utilisant tous les moyens. Aujourd’hui, le système Total semble porter ses fruits jusqu’à la Cour de cassation... Alors que toutes les parties civiles avaient travaillé ensemble pour faire condamner Total, Grande Paroisse, Desmarest (patron de Total de l’époque) et Biechlin, directeur de l’usine, ces parties civiles (associations, fédération CGT, CE) s’étaient tout de même félicitées de la condamnation du directeur et de Grande Paroisse. Le jugement de la cour d’appel condamnait implicitement les politiques, les organisations du travail mises en place dans le groupe Total mais aussi dans les grands groupes industriels.

Faire le procès de Total
Cette annulation du jugement en appel par la Cour de cassation est donc un véritable fiasco judiciaire qui donne un chèque en blanc aux patrons de l’industrie afin qu’ils continuent à baser l’organisation du travail sur la précarité, la sous-traitance, la déréglementation du travail. Cette organisation du travail, qui a tué 31 personnes et fait 2 500 blessés le 21 septembre 2001, continue à tuer dans les entreprises. Pour mémoire, en 2009, cinq salariés ont perdu la vie en essayant de la gagner dans les usines françaises du groupe Total.
Les familles des victimes vont devoir revivre le calvaire d’un nouveau procès à Paris qui durera plusieurs mois, des familles qui vont avoir l’impression de revenir 15 ans en arrière.
Total n’a rien lâché et poursuit ses manœuvres pour s’exonérer de toute responsabilité. Ce nouveau procès devra être l’occasion avec les associations de victimes, les syndicats et les forces de gauche, de faire condamner Total Grande Paroisse, le directeur de l’usine, et de mobiliser à Paris contre les politiques, les méthodes de Total, le groupe emblématique du capital qui tue.

Commission nationale écologie

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