Association de malfaiteurs... au service de la finance

François Pérol, président du directoire de la Banque populaire-Caisse d’épargne (BPCE), répond devant le tribunal correctionnel de Paris de prise illégale d’intérêts lors de sa nomination à la tête du groupe bancaire en 2009. En effet, il a pris la tête du groupe bancaire après deux années passées comme secrétaire général adjoint de l’Élysée entre mai 2007 et février 2009, sous Sarkozy, alors que se négociait la fusion des Banques populaires et des Caisses d’épargne...

En pleine crise financière, Sarkozy voulait que la Caisse d’épargne se sépare de la Caisse des dépôts, se démutualise, et fusionne avec la Banque populaire pour devenir une banque commerciale et d’affaire. L’opération s’est déroulée sous la houlette de son homme de confiance, Pérol, devenu l’associé de la banque Rothschild... L’enjeu était aussi de masquer les pertes considérables des deux banques, alors que le système bancaire est menacé d’effondrement. L’État va donc les renflouer: 5 milliards d’euros avec, en contrepartie, leur fusion... et que Pérol soit désigné comme le futur dirigeant du groupe.

Le négociateur devient donc le président-directeur général avec la bénédiction de Sarkozy, bien que la loi interdise à un fonctionnaire de travailler pour une entreprise qu’il a surveillée, contrôlée, avec laquelle il a conclu un contrat ou qu’il a conseillée sur ses opérations dans les trois ans précédant son passage du public au privé. Guéant s’occupera donc d’obtenir un «avis favorable» de la commission dite de déontologie...

Pour rentabiliser l’opération, de nombreux emplois ont été détruits, la BPCE devait devenir une banque commerciale. Pérol
s’y est employé avec le soutien de Sarkozy, fort d’une longue expérience de serviteur des intérêts capitalistes depuis le «sauvetage» d’Alcatel et de France Télécom, au début des années 2000, la nationalisation d’Alstom ou le mariage entre Suez et GDF...

Pour les sphères dirigeantes de l’État, des banques et de l’industrie, la loi n’est là que pour donner un semblant de légalité à leurs actions ou exactions. Ils la transgressent en permanence, et parfois il peut arriver que cela finisse devant la justice. Bien rarement en réalité, et il a fallu la ténacité de SUD Caisse d’épargne et de la CGT qui ont déposé plainte et bataillé contre les juges pour obtenir ce procès.

Les sphères dirigeantes du pouvoir des banques, de l’industrie et de l’État ne font qu’un.

Yvan Lemaitre

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