Après le 9 avril et le 1er mai, c’est quand qu’on va où ?

Tout avait bien commencé : fort du succès du 9 avril, les quatre organisations à l’initiative de cette journée se sont revues dès le lendemain pour échanger sur la poursuite de la mobilisation. Après accord sur le fait que le premier mai n’était pas une suite en soi, le 15 avril dernier, la CGT invitait les autres organisations pour préparer cette journée...

FO était cette fois absente, expliquant attendre une réponse du gouvernement et manifestera traditionnellement de son côté au mur des fédérés. En dépit d’un appel a minima basé sur celui initié par la Confédération européenne des syndicats (CES), la CFDT n’a pas souhaité s’y associer, invoquant son exclusion de fait par plusieurs intersyndicales locales qui restent sur les revendications défendues le 9 avril. En fait, elle est toute affairée à organiser son Working Time Festival (WTF, « What the fuck » ?) en conviant 5 000 jeunes, syndiquéEs ou pas, au bois de Vincennes avec, entre autre, une table ronde sur l’Europe, des ateliers pour concilier vie professionnelle et privée, sur la qualité de vie... et un discours de Laurent Berger. Il paraît que « les défilés du 1er Mai n’attirent plus les jeunes travailleurs qui n’en voient pas le sens. » Avec des food trucks (camions restaurant) pour agrémenter le tout, plutôt que le rituel sandwich merguez, ça a l’air sympa !
L’UNSA, qui sort de son congrès, a elle répondu favorablement, marquant ainsi sa différence avec la CFDT dont elle est réputée proche. Au final, on se retrouve donc avec un appel CGT-FSU-Solidaires-UNSA intitulé « un 1er Mai unitaire à dimension européenne pour le progrès social » au contenu cristallin : exhortation aux dirigeants européens de construction d’une Europe plus sociale, aucune référence explicite à la situation en Grèce, et tout juste un appel à résister au fanatisme et au poison de l’extrême droite.

Préparer l’affrontement
Pour impulser la réplique nécessaire au 9 avril, il faudra attendre le 11 ou le 12 mai prochain pour une nouvelle réunion intersyndicale, avec ou sans FO, qui devrait déboucher sur une mobilisation en juin. C’est tard, alors que la loi Macron aura déjà été votée au Sénat et que celle relative au dialogue social, qui baisse le nombre de représentantEs du personnel et affaiblit le CHSCT, sera déjà en discussion au Parlement…
Grèves dures dans le nettoyage, agitation pour l’augmentation des salaires depuis plusieurs semaines chez Carrefour Market, deuxième mois d’occupation à Sambre-et-Meuse, journée de grève contre la réforme du collège le 19 mai… La braise est là qui couve sous la cendre. Aux équipes syndicales combatives de « souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière », en s’adressant ce jour-là aux militantEs mais aussi aux travailleurEs pour qui, outre le lien syndical qui peut exister dans leur entreprise, le 1er Mai demeure une référence.
Un jour de lutte, dont l’origine est celle menée à partir de 1884 par les ouvriers américains pour la mise en place de la journée de 8 heures. Une tradition bien vivante, entretenue par exemple à Marne-la-Vallée (77) depuis 2012 par l’organisation d’une manifestation locale à l’initiative d’un spectre syndical et politique qui va de la CNT à la FSU, de l’AL au PCF, pour rejoindre ensuite le défilé parisien. Une échéance de mobilisation, alors qu’une vingtaine de bourses du travail sont menacées d’expulsion par des maires de droite, mais pas seulement...
Sans conteste, « le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire. »

LD

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