Apprentissage : De la précarité à l’esclavage

Le gouvernement ne cesse de mettre en avant l’apprentissage comme solution miracle contre le chômage qui ne cesse d’augmenter, notamment dans la jeunesse.

Le chômage des jeunes atteint en effet des seuils records, avec un taux de près de 23 %. Le nombre d’apprentiEs avait largement diminué au cours des dernières années et le gouvernement a donc décidé de fixer l’objectif de 500 000 jeunes en contrat d’apprentissage dans les années à venir.

Sois (très) jeune, trime et tais-toi !

L’apprentissage est obligatoirement lié à une formation professionnalisante, mais peut débuter dès l’âge de 15 ans. En première année, un apprenti de moins de 18 ans touchera 364 euros, de 18 à 20 ans 41 % du SMIC et à plus de 21 ans, 53 % du Smic. Des salaires extrêmement bas pour un travail souvent équivalent à celui d’un salariéE. Les contrats d’apprentissage font le bonheur des entreprises et permettent d’éviter les embauches. Le gouvernement de François Hollande qui n’a de cesse de renforcer les avantages patronaux a d’ailleurs annoncé une nouvelle mesure : les TPE n’auront désormais plus à prendre en charge ni le salaire ni les cotisations sociales des apprentiEs... désormais rémunérés par l’État !

En plus de coûter peu d’argent, unE jeune en apprentissage est également corvéable à merci. Ainsi, il peut être transféré d’une entreprise à une autre sans qu’on lui demande son avis et voir ainsi son lieu de travail changer du jour au lendemain. La réalité, c’est que quand on est apprenti, on doit se taire et être aux ordres du patron, car au bout du bout, c’est lui qui détermine la validation ou non de la formation.

Un danger pour les jeunes

Plus qu’un outil de lutte contre le chômage, le renforcement de l’apprentissage a pour but essentiel d’alléger toujours plus les « charges » des entreprises et de renforcer la précarité de la jeunesse. Si les taux d’embauche au sortir des formations sont corrects, l’accès au CDI reste extrêmement minoritaire. En outre, après une formation en apprentissage, les jeunes ne peuvent en aucun cas se réorienter vers une autre formation plus générale et sont contraints d’intégrer immédiatement le marché du travail, faute d’équivalence possible.

Face à la politique de ce gouvernement qui précarise les jeunes, accompagne les licenciements et multiplie les cadeaux aux entreprises, il faudra imposer la rémunération des apprentiEs à hauteur des conventions collectives de leur branche mais surtout la fin de tous les contrats précaires, notamment de l’apprentissage, et l’accès pour tous à un CDI. Pour imposer ces mesures, radicalement à l’encontre de la politique de ce gouvernement, il faudra donc se confronter à sa politique, dans la rue, dans la grève et dans l’unité des jeunes et des travailleurEs.

Hermann Krebs

 

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