Appel 24 Évry (91) : entre coups de force et négociations

Les grévistes acceptent des concessions mais ne veulent rien lâcher de leur dignité, ni leur unité !

La 9e semaine de grève s’achève à Appel24/Sérénité24, et les grévistes ont décidé de poursuivre le mouvement. Un simulacre de négociation a eu lieu la semaine dernière après que les salariées ont décidé de s’adresser aux non-grévistes tous les matins. Interventions policières tous les jours à la demande du patron, jusqu’au moment où la police a fini par dire qu’elle ne reviendrait pas puisqu’il n’y avait pas de trouble à l’ordre public.
Le patron, qui n’a pas d’argent pour augmenter ses salariées, a malgré tout embauché 5 personnes en CDI pour tenter de briser la grève en contournant l’interdiction de recourir aux CDD ou à l’intérim. Il a aussi décidé d’embaucher un vigile, la police n’ayant pas agi autant qu’il le souhaitait. Mais après avoir tenté d’utiliser la force avec l’aide du patron Karadjian, le vigile a finalement estimé qu’il n’était pas dans son optique d’aider à virer des grévistes et a quitté son poste après 2 ou 3 heures.

C’est tout le monde ou personne...
La négociation que les salariées espéraient cette fois sérieuse, c’était la 8e, a eu lieu lundi 11 mai en présence de l’inspection du travail et d’un représentant de la préfecture. Malgré des concessions peu importantes sur les salaires (seulement 40 euros pour celles ayant plus d’un an de boîte), le patron se déclarait d’accord pour aménager une vraie salle de pause pour manger (rappelons qu’elles travaillent 24h/24), organiser des élections du personnel, et revoir un plan de formation répondant aux besoins des salariées qui ont des responsabilités pour lesquelles on ne les forme pas.
Toutefois, le protocole de fin de conflit se révèle une fois écrit bien différent de ce qui a été discuté : un avancement de salaire qui correspond à la convention collective, mais serait appliqué à la tête du client (en fonction des capacités validées individuellement par le patron), la fin des tickets resto, et, cerise sur le gâteau, le refus d’annuler un licenciement prononcé pendant la grève mais pour des motifs antérieurs, des erreurs que toutes les salariées pourraient avoir commises un jour ou l’autre compte tenu des conditions de travail.
Alors pour elles, pas question de reprendre en laissant une copine dehors. On continue !

CorrespondantEs

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