Quatre ans après, mobilisation pour exiger la justice et la vérité pour Adama

Le 18 juillet prochain aura lieu, à Beaumont-sur-Oise (Val d’Oise), la marche annuelle commémorant le meurtre d’Adama Traoré, tué par les gendarmes le 19 juillet 2016. Un rendez-vous d’autant plus important au vu du contexte dans lequel se déroule, cette année, la marche : celui d’une montée en puissance, à l’échelle internationale, des mobilisations contre le racisme et les violences policières et, en France, d’une polarisation politique particulièrement forte autour de ces questions.

Personne n’aurait parié, il y a deux mois, que le déconfinement se ferait, en France, dans un contexte rendu politiquement et socialement explosif par les mobilisations contre le racisme et les violences policières. C’est pourtant ce qui s’est passé, à la faveur de l’indignation internationale suite à la mort de George Floyd à Minneapolis, étouffé par un policier devant des caméras.

Vague de mobilisations

En France, le Comité Adama a joué un rôle particulièrement central dans la construction de ces mobilisations, en organisant un rassemblement massif au TGI de Paris le 2 juin, puis une manifestation encore plus massive place de la République le 13 juin. Le phénomène n’est pas seulement parisien. Impossible de faire ici la liste de toutes les manifestations qui ont eu lieu au cours des deux derniers mois, mais on relèvera que des initiatives importantes ont eu lieu à Bordeaux, Toulouse, Rouen, Marseille, Strasbourg, Montpellier, Nantes, Rennes, Lyon, Lille, etc., autrement dit dans la plupart des grandes villes, mais aussi dans nombre de villes de taille moyenne.

Dernier épisode en date il y a trois semaines : le rassemblement, de nouveau à l’appel du Comité Adama, pour défendre la fresque contre le racisme et les violences policières inaugurée à Stains et menacée par le syndicat Alliance, qui n’a pas mis ses menaces à exécution mais a obtenu le soutien du préfet du 93 et du ministère de l’Intérieur, avant que la fresque soit dégradée par de courageux nervis anonymes, puis remise en état avec le soutien de la mairie de Stains.

« Retrouvons-nous, unissons-nous »

« Quatre ans de combat, quatre ans de rencontres avec chacun d’entre vous, qui avez su nous donner les forces et l’énergie pour croire qu’ensemble nous aurons ce qui nous est dû : la Vérité et la Justice. Mon frère Adama est mort entre les mains des gendarmes le 19 juillet 2016. Grâce à vous tous, son nom vit depuis au-delà des frontières, au-delà des différences. Mon petit frère est devenu le vôtre aujourd’hui. Retrouvons-nous, unissons-nous, à Beaumont-sur-Oise, tous ensemble pour nos droits, pour que la justice l’emporte sur l’impunité policière. Nos vies sont précieuses, défendons-les, construisons un avenir digne et fier pour nos enfants. Écrivons-notre histoire ensemble. Retrouvez-nous nombreux le samedi 18 juillet à Beaumont-sur-Oise ! »

Ainsi s’exprime Assa Traoré pour appeler à la marche du 18 juillet, rappelant que le combat Adama dépasse de loin le seul cas, tragique, de son frère, et concerne toutes les victimes de violences, qu’il s’agisse de celles, les plus graves, ayant entraîné la mort, ou de ces humiliations et brimades du quotidien qui rendent la vie impossible dans des quartiers entiers. Le NPA sera bien évidemment présent à la marche, au côté de toutes celles et tous ceux qui refusent de se soumettre à l’ordre policier, de se taire face à l’inacceptable, de renoncer à lutter pour la justice, la vérité et l’égalité. 

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