TravailleurEs sans-papiers d’Île-de-France en grève pour leur régularisation

Comme nous l’évoquions la semaine passée,160 travailleurEs sans-papiers sont en grève et occupent leurs entreprises depuis bientôt deux semaines dans sept entreprises d’Île-de-France. Ils travaillent sous des noms d’emprunt mais veulent en finir avec ce système. Ils demandent à leurs employeurs de reconnaître leur situation pour permettre leur régularisation.

Ces salariéEs travaillent sous un autre nom que le leur : un « alias » qui leur coûte chaque mois une partie de leur salaire, ce dont ils ont assez, en plus du fait d’être des travailleurEs sans droits, corvéables à merci et sans cesse sous la menace d’une expulsion du territoire. Sous l’impulsion de la CGT « migrants » d’Île-de-France, ils se sont mis en grève et occupent leurs entreprises pour obtenir de leurs employeurs, forcément au courant de leur situation, qu’ils signent les certificats de concordance reconnaissant leur présence dans l’entreprise et le formulaire CERFA d’engagement de contrat de travail afin de déposer auprès de la préfecture leur demande de régularisation.

Coordination et solidarité

Il s’agit d’un mouvement coordonné et simultané dans sept entreprises du Val-de-Marne, de la Seine-et-Marne, du Val-d’Oise, de l’Essonne et de Paris. Qu’il s’agisse de l’entreprise de messagerie GLS à Roissy, du traiteur Event Thaï à Chevilly-Larue, de la société de traitement des déchets STLG à La Queue-en-Brie ou des autres, les grévistes ont décidé de lier leur sort et de poursuivre la grève jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée pour chacun d’entre eux, même lorsqu’un accord est obtenu dans l’une de ces entreprises. Ainsi, à la STLG de La Queue-en-Brie, tous les grévistes ont obtenu leur CERFA avec un CDI à temps plein et le certificat de concordance. En contrepartie, ils ont libéré les locaux mais poursuivent la grève et maintiennent un piquet, jusqu’à l’obtention des papiers pour les 160 grévistes. « Cela prendra le temps qu’il faudra », assène Philippe Jaloustre, animateur du collectif migrants de la CGT 94 qui a déjà mené avec succès la grève des 128 travailleurs sans-papiers du MIN de Rungis en 2017.

Après deux semaines de grève et les pertes de salaire correspondantes, les grévistes ont besoin d’un soutien financier urgent auquel le NPA 94 a répondu en leur apportant sa contribution lors du barbecue organisé le week-end dernier par les travailleurs de La Queue-en-Brie.

Correspondant

 

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