Paris 18e : 34e rafle de migrantEs en deux ans !

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Antiracisme
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Vendredi 7 juillet au matin, plus de 2 700 migrantEs et réfugiéEs ont été raflés porte de la Chapelle à Paris, aux alentours du centre « d’accueil » surpeuplé ouvert par Hidalgo, il y a un an.

Nassés par groupes d’une centaine, jetés prestement dans des cars, ils ont été répartis dans toute l’Île-de-France, dans des CAO et des gymnases, pour quelques jours, pour quelques semaines, au mieux pour quelques mois pour les -demandeurEs d’asile...

La chasse permanente 

Comme les 33 autres précédentes, cette opération de « mise à l’abri » s’est déroulée en partenariat entre la préfecture de police, la mairie de Paris et certaines ONG. Depuis lundi 3 juillet, une circulaire de la préfecture relayée par la RATP indiquait que le quartier porte de la Chapelle serait fermé de 6 heures à midi à la circulation...

Depuis des mois, riverains et associations dénoncent les conditions de vie insupportables que l’État impose à des réfugiéEs épuisés, ayant fui pour la plupart des zones de guerre, maltraités pendant leur voyage, dans des conditions d’extrême précarité. Ils dénoncent la chasse permanente aux migrantEs à laquelle se livrent les flics, les destructions systématiques des campements de survie, allant jusqu’à asperger de gaz lacrymogène les couvertures et duvets si précieux.

Les sanitaires réclamés depuis des mois n’ont pas été mis en place par les services de la Ville de Paris, le ramassage des ordures ménagères n’est pas assuré, les distributions d’eau parfois interdites par la police...

La répression et le contrôle comme uniques réponses

Avec « humanité et fermeté », disaient hier Cazeneuve et Valls... Pas d’« appel d’air », surenchérissait Collomb il y a une semaine... La politique criminelle du pouvoir se poursuit dans une belle continuité !

Retrouvant un soupçon de lucidité, le nouveau ministre de l’Intérieur est bien obligé (on l’a vu en interview sur CNews il y a quelques jours) de constater que cette situation  était « totalement insoluble ». Lui emboîtant le pas, la maire de Paris Anne Hidalgo déclarait aussi que « face à l’urgence, je plaide pour une loi sur l’accueil des migrants et l’intégration des réfugiés à l’échelle nationale ». Comment pourraient-ils rester aveugles devant la totale inefficacité (évidemment de leur point de vue...) de leur politique répressive et d’un contrôle renforcé aux frontières qui n’empêche pas des centaines de nouveaux migrantEs d’arriver chaque semaine en France ?

Le ministre de l’Intérieur doit rendre public le 12 juillet un « plan sur l’asile ». Celui-ci prévoirait de renvoyer au plus vite dans leurs pays les déboutés du droit d’asile, y compris vers des pays en guerre. Ces reconduites existent déjà, vers l’Afghanistan ou le Soudan, en parfaite infraction au droit international.

Pour une mobilisation nationale de soutien

Mais nous pouvons affirmer dès maintenant qu’aucune solution humainement acceptable ne sera trouvée tant que les gouvernements européens fermeront les frontières, et obligeront des gens à risquer leurs vies en traversant la Méditerranée, ou la Manche pour celles et ceux qui veulent rejoindre le Royaume-Uni. Et moins d’une semaine après cette opération « mise à l’abri » du 7 juillet, plusieurs centaines de réfugiéEs campent à nouveau porte de la Chapelle, démontrant s’il en était besoin l’indigence d’une politique migratoire basée sur la répression et l’invisibilisation.

Le NPA plaide pour que, rapidement, dans l’unité la plus large possible, une mobilisation nationale de soutien aux migrantEs et réfugiéEs soit organisée. C’est aujourd’hui ce que souhaitent de nombreuses associations, groupes « d’entraide citoyenne », totalement investis dans le soutien aux migrantEs, mais totalement débordés par l’ampleur de la tâche et des besoins exprimés.

« De l’air, de l’air ! Ouvrons les frontières ! »

Alain Pojolat