Ouistreham : « Une soupe, un toit, tout le monde y a droit ! »

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Antiracisme
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Étions-nous seulement 700, comme l’affirme Ouest-France, ou bien le millier compté par certains samedi 16 décembre dans les rues de Ouistreham ? Une chose est sûre, dans ce petit port situé à 12 kilomètres de Caen (Calvados), le soutien aux migrantEs ne faiblit pas, bien au contraire. 

Le lundi précédent, soir de conseil municipal, 300 personnes s’étaient déjà rassemblées devant la mairie pour protester contre les dernières déclarations du maire (LR) Romain Bail – des slogans annonçant la résiliation du sien se faisant largement entendre. Samedi, c’est depuis tout le département qu’on s’est déplacé. Un succès considérable quand on sait que la manifestation a été organisée en à peine 5 jours.

C’est qu’il y a urgence. Le vent et la pluie verglaçante menacent directement les migrantEs de mort. D’autant que les autorités les harcèlent. Face aux 180 migrantEs qui tentent de se glisser dans les ferries à destination de l’Angleterre, la gendarmerie et la police municipale n’hésitent pas à saisir les couvertures, le peu de linge de rechange ou les cartons qui leur servent d’abri, ou les imbiber de gaz lacrymogène pour les rendre inutilisables. Le maire oblige les agents municipaux à mettre à la poubelle ce que les flics ne détruisent pas.

Les migrantEs n’ont même pas un point d’eau pour se laver ou boire. Et pas la peine de compter sur la justice pour condamner le maire à en ouvrir un : les associations ont été déboutées de leur demande en référé au motif qu’elles n’avaient pas fait la preuve que la mairie avait supprimé les points d’eau ! Par contre, avant même que cette justice se prononce, le squat ouvert par des soutiens a été délogé par les mêmes flics.

Une nouvelle manifestation se prépare pour la mi-janvier, avec l’ambition d’en faire une mobilisation régionale, voire au-delà. Samedi, nombre de participantEs n’étaient pas des habituéEs, mais des gens sincèrement indignés par le sort réservé à des être humains dont le seul tort est de chercher à se construire un avenir ailleurs que dans un Soudan du sud – c’est le pays d’origine de la plupart – ravagé par la guerre civile. Les flics n’auront pas forcément le dernier mot.

Correspondant 

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