Opération de lepénisation des esprits dans le quartier La Chapelle - Pajol

Tout d’abord, plantons le décor. Du harcèlement de rue, au viol conjugal en passant par les inégalités salariales ou de prise en charge des tâches domestiques, partout les femmes font face à des formes diverses, mais systémiques, de sexisme.

Le NPA, par son action et ses propositions combat le sexisme, lutte contre toutes les formes prises par le patriarcat.

Une manoeuvre politicienne et raciste

Mais vendredi 19 mai, sous prétexte de lutte contre le sexisme, le quartier de la Chapelle- Pajol a été le théâtre d’un happening raciste à des fins électoralistes orchestré par la droite (LR) et relayé complaisamment par de nombreux médias. En eet, prenant pretexte d’une pétition lancée par l’association SOS La Chapelle titrée « La Chapelle & Pajol: Les femmes, espèce en voie de disparition au cœur de Paris », Babette de Rozière, candidate pour les législatives dans le 18ème arrondissement de Paris, a appelé à un rassemblement contre « l’obscurantisme » qui chasse les femmes des rues de Paris. Non seulement, les constats posés sont largement et volontairement exagérés - de nombreux témoignages d’habitantes viennent les contredire - mais surtout, sous son apparence antisexiste, cet événement constitue une oensive raciste contre les migrant-e-s et les immigré-e-s du 18ème arrondissement et au-delà.

La pétition présentée comme l’initiative « de femmes du quartier » est en réalité le fait d’une association, SOS La Chapelle, connue pour son traitement sécuritaire et raciste de la question des migrants. L’angle des articles relayés par cette association est toujours le même. Les habitants de la Chapelle vivraient dans la peur et l’insécurité permanentes du fait du laxisme de l’état : « Livrés à eux-mêmes, des enfants terrorisent un quartier parisien », « La Place de la Chapelle intégrée à la zone de sécurité prioritaire ? », « Nous ne voulons plus vivre dans une zone de non-droit »...

De plus, les termes de l’appel lancé par Babette de Rozière dénoncent « l’obscurantisme » et non pas « le sexisme » des auteurs présumés des incivilités subies par les femmes. Par le choix de ce terme, les élus et l’association laissent entendre que si des femmes subissent le sexisme dans ce quartier, cela serait du fait de l’origine des populations. Ainsi, loin d’être une oensive antisexiste, l’action avait pour unique but de faire un buzz raciste prétendument sécuritaire à quelques jours des législatives.

Il n’a pas fallu longtemps pour que les médias, la préfecture de police et la Maire de Paris, prennent pour argent comptant l’existence d’une « zone de non droit » autour de La Chapelle, réutilisant, dans un renversement tristement comique, la narration faite par foxnews après les attentats sur les « no-go zones de Paris » que la Maire avait elle-même décriée. Habitants et militants du quartier, nous savons que de telles armations sont d’autant plus loufoques que ces quartiers sont parmi les plus militarisés de Paris avec une présence permanente des forces de police et les pratiques incessantes et humiliantes de contrôles au faciès. D’ailleurs, la dizaine d’agitateurs de droite présents à cette manifestation improvisée ont vite été débordés par des habitant-e-s et militant-e-s antiracistes qui ont rappelé à juste titre que « le sexisme n’a pas de couleur ».

La Chapelle, un quartier de solidarités

Le NPA 17-18 condamne fermement cette opération médiatique nauséabonde qui appelle à un traitement sécuritaire et oppressif des migrants et, sous des aspects faussement féministes, prend en otage les habitantes par sa propagande délétère empêchant, au passage, de véritablement s’atteler à la question du bien-être des femmes dans l’espace urbain. Le quartier de La Chapelle peut s’honorer d’être un quartier d’accueil pour des populations vulnérables. L’État, plutôt que d’envoyer toujours plus de policiers harceler des personnes en grande précarité, devrait leur fournir des papiers et des logements. Pour cela rien de plus simple, le NPA se tient à disposition pour indiquer à la Mairie l’adresse de nombreux immeubles vides au pied desquels dorment des migrants dans la rue. 

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