MigrantEs : Macron c’est dégueulasse !

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Alors que des milliers de migrantEs meurent en mer, on aurait pu penser que l’urgence était d’améliorer les moyens de sauvetage assurés de plus en plus par des bateaux affrétés par des ONG...

Ce lundi 3 juillet, à l’initiative du gouvernement français, les ministres de l’Intérieur français, italien et allemand ont proposé leurs « solutions ». Il s’agit de « travailler à un code de conduite pour les ONG » et à « renforcer le soutien aux gardes-côtes libyens ». Enfin il faut « renforcer la stratégie de l’Union européenne pour le retour des migrants » dans leur pays. Ces propositions seront discutées le 6 juillet dans une rencontre des ministres de l’Intérieur européens.

Décidément tout est dégueulasse dans le Macron. C’est lui qui a inauguré sa présidence en se moquant des milliers de Comoriens qui meurent en mer en tentant de rejoindre Mayotte. Son ministre de l’Intérieur a confirmé que ce cynisme n’était en rien une plaisanterie de mauvais goût en déclarant quelques jours plus tard que « l’essentiel c’est de tarir les flux d’entrée ». Traduisez bien : au mieux, les morts sont un dommage collatéral, le « prix à payer » pour une politique qui vise à « tarir les entrées ». Au pire, ces morts sont nécessaires pour diminuer les flux en rendant le risque le plus dissuasif possible.

Il y a trois ans, le sauvetage en Méditerranée était assuré par le gouvernement italien avec l’opération « Mare Nostrum ». En 2014, celui-ci a mis fin à cette opération en l’absence de soutien financier des autres gouvernements. Ceux-ci argumentent déjà que l’opération crée un « appel d’air ». En résumé, il vaut mieux laisser des migrantEs mourir en mer pour dissuader d’autres de tenter l’aventure. L’opération qui prend sa place temporairement, l’opération Triton, pour un coût du tiers, change aussi d’objectif. Il s’agit désormais plus d’assurer le contrôle des frontières que le sauvetage en mer. Le résultat sera, dès 2015, selon le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies « une hécatombe jamais vue en Méditerranée ».

La politique du « laissez-mourir »...

En mars 2016, l’accord UE-Turquie ferme, de fait, la route des Balkans. Cet accord déplace les voies de traversée de l’est vers le centre de la Méditerranée, de la Grèce vers l’Italie. Le nombre de victimes atteint un record dépassant les 5 000 morts en un an.

La semaine dernière, l’OCDE a publié un rapport montrant que le flux des arrivées en Europe a considérablement baissé ces derniers mois. L’Europe est en train de devenir réellement une « forteresse ». Mais le taux de mortalité a fortement augmenté du fait de la politique du « laissez-mourir » menée par les gouvernements européens. Et aujourd’hui, la cible, ce sont les ONG qui sauvent des migrantEs en mer.

L’OCDE conclut son rapport par la nécessité de mettre en place des politiques d’intégration pour les réfugiéEs arrivés sur le territoire européen. Mais même cela, qui passe sous silence les milliers de morts, c’est de l’enfumage, car la politique de chasse aux migrantEs à l’intérieur des pays est le contre-point de la politique qui tue aux frontières. Et là encore, le gouvernement Macron est à l’avant-garde : mise en place d’un laissez-passer européen qui permet de contourner les gouvernements des pays d’origine dans les expulsions, multiplication des assignations à résidence pour les dublinéEs, refus de construire un centre d’accueil à Calais... Il s’agit de rendre en France la vie impossible pour les migrantEs. Une politique légitimée par une déshumanisation qui exacerbe toutes les formes de racisme. Les fascistes de Génération identitaire l’ont bien compris, eux qui saluent la « nouvelle position politique au plus haut sommet de l’État »...

Plus que jamais, la lutte est indivisible, celle qui se bat pour la liberté de circulation ET d’installation. Celle qui sauve les vies. Et notre humanité.

Denis Godard

 

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