MigrantEs : Contre l’État, ses flics et les fachos, nos solidarités, nos mobilisations !

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Antiracisme
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Relégué au second plan par des médias accaparés par la seule « farce électorale », le sort fait aux migrantEs par l’État, ses flics et les fachos, dépasse ces jours-ci les limites du supportable... 

Pourtant, des résistances s’organisent : à La Roya, à Calais ou à Paris La Chapelle. Mais elles ne  peuvent suffire si elles restent isolées. Il n’y aura pas de trêve estivale dans cette lutte pour la dignité, contre le racisme, pour l’égalité. C’est tous ensemble qu’il faut riposter...

À Calais, « défense de nourrir les migrants »

Sept mois après la destruction de la « jungle », souvent expulsés des centres d’accueil et d’orientation (CAO), près de 600 migrantEs traqués par la police tentent de survivre dans le Calaisis en attendant l’opportunité de passer en Angleterre.

150 flics ont été dépêchés en renfort pour participer à la traque, et les organisation humanitaires elles-mêmes sont quotidiennement confrontées à la répression. Intimidations, blocages des distributions de repas par la police, mise en garde à vue d’une bénévole de l’Auberge des migrants le 1er juin dernier. Les flics et la mairie reçoivent un soutien dans leurs basses œuvres de la part des « Calaisiens en colère » qui – en toute impunité – ont décidé de « faire la police eux-mêmes »...

À Menton, un centre de détention clandestin

En dehors de tout cadre légal, la PAF (police de l’air et des frontières) de Menton détient des migrantEs dans ses locaux. Après avoir affirmé qu’il ne s’agissait que d’une « zone d’attente », celle-ci, confondue par une enquête menée par la Cimade, a bien été obligée de reconnaître qu’il s’agissait d’un local de détention, comme l’est le premier étage de la gare de Menton-Garavan.

Saisi par plusieurs organisations (Cimade, Gisti, Anafé, SAF, Adde), le tribunal administratif a décidé... de couvrir ces pratiques illégales ! Sans aide juridique, en dehors de toute procédure, les migrantEs attendent donc dans ces locaux de savoir à quelle sauce ils vont être mangés : prison, expulsion vers l’Italie ou vers leur pays d’origine ? Bienvenue en Macronie !

Des « Identitaires » fascistes et assassins !

Montrant ainsi son vrai visage, Génération identitaire appelle sur les réseaux sociaux à contribuer à une cagnotte baptisée « Défendre l’Europe » afin d’affréter une « flotte anti-ONG » destinée à entraver l’action de SOS Méditerranée et des autres ONG portant secours en mer aux migrantEs.

Ces pirates de pacotille ont déjà réuni 65 000 euros pour subventionner leur courageuse entreprise, en partenariat avec d’autres vermines du même acabit en Europe. À ce jour, leur seul fait d’arme se résume à avoir bloqué le 12 mai dernier à la sortie du port de Catane le navire Aquarius appartenant à SOS Méditerranée, mais le laisser-faire dont font preuve les autorités française et italienne à leur égard est inquiétant.

Ainsi alors que les mises en examen pleuvent sur les soutiens aux migrantEs, aucune poursuite n’a été engagée pour « non-assistance à personne en danger » ou infraction à « l’obligation internationale de sauvegarder la vie humaine en mer ». Mais que fait le gouvernement (sic) ?

Après La Roya et La Chapelle, généralisons la riposte

Résister à l’air du temps, mettre en place des solidarités, organiser des rassemblements de soutien, des manifestations, mettre systématiquement la question des migrantEs dans nos mobilisations... C’est urgent, et c’est possible.

Ainsi, en dépit des multiples interpellations, gardes à vue et procès, les habitantEs de la vallée de La Roya, par leur détermination et leur persévérance, ont réussi à faire des émules, et les actions de soutien de la population d’une région pourtant politiquement considérée largement « à droite » se multiplient. Cette légitimation se constate d’ailleurs au nombre croissant d’articles de presse et d’émissions de radio sur les antennes nationales qui leur sont consacrés.

Samedi 10 juin, dans le 18e arrondissement de Paris, une manifestation organisée par le collectif Zone de solidarité populaire a réuni près d’un millier de personnes, c’est-à-dire plus que certaines initiatives appelées nationalement ! Accompagné d’une fanfare improvisée, un cortège combatif, gai – où se côtoyaient des migrantEs afghans, soudanais, érythréens, des sans-papiers maliens, sénégalais, des habitantEs du quartier, des militantEs antiracistes, des vendeurs à la sauvette, des femmes révoltées par la récupération raciste tentée par la mairie PS et la droite d’un article du Parisien – ont rejoint la halle Pajol, un lieu marqué par des décennies de mobilisations des sans-papiers et des migrantEs. Et d’autres initiatives sont prévues...

En se mobilisant contre la loi « Travaille ! » et son monde, il allait de soi que cela comprenait également la lutte contre l’état d’urgence et la répression, notamment dans les quartiers populaires, mais aussi l’urgence d’organiser une riposte de masse contre l’Europe forteresse. Cette question ne saurait être oubliée lors des prochaines mobilisations, à commencer par les rassemblements appelés par le Front social lundi 19 juin devant l’Assemblée nationale et dans plusieurs villes du pays.

Liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous !

Alain Pojolat

 

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