Migrant-E-s : Libérons nos quartiers !

La logique des frontières ne fait pas que défigurer l’ensemble de l’Europe ou Calais. Elle défigure aussi nos quartiers. à Paris, la mairie et la préfecture ont ainsi fermé des zones entières, entourées de grilles, pour empêcher les migrantEs d’y installer des campements... 

Ces zones publiques devenues interdites, aux migrantEs mais aussi à la population du quartier, se multiplient à La Chapelle, à Stalingrad, Austerlitz ou à la gare de l’Est. A La Chapelle, les deux squares sont désormais fermés au public. à quand la place de la République fermée par des grilles ?

Ces grilles symbolisent bien cette logique des frontières qui ne ferment pas que les pays. Les entraves à la circulation se prolongent jusque dans nos quartiers. Aux grilles s’ajoutent les dispositifs policiers et les contrôles au faciès. Enfin, ces dispositifs sont la face matérielle des politiques et discours racistes qui visent à établir des frontières, au sein de la population de nos quartiers, entre Blancs, Noirs et Arabes.

Alors ce samedi soir, 9 avril ou « 40 mars », après la manifestation, plusieurs centaines de personnes se sont engouffrées dans le métro, place de la République à 21h, pour une action organisée par des personnes solidaires dans le cadre de la commission action de Nuit Debout...

« Nuit Debout, grilles à terre »

La destination était Stalingrad, où des petites mains avaient déjà préparé le travail. Dans un joyeux bordel, les grilles qui ceinturent deux zones sous le métro sont tombées. Puis tout le monde s’est agité pour plier les grilles et les rendre inutilisables, tandis que d’autres ont collé des affiches pour l’ouverture des frontières, et d’autres encore ont taggé « Nuit Debout, grilles à terre » sur les murs. Le bordel est productif : au bout d’une dizaine de minutes, tout est plié. Zone libérée ! 

Pas question de repartir en métro. C’est en train de devenir une habitude. Le pouvoir voulait nous interdire de manifester ? Il veut contrôler l’espace public et fermer nos quartiers ? La rue est à nous : nous repartons en manif sauvage vers République aux cris de « De l’air, de l’air, ouvrons les frontières ! », « Paris debout, soulève toi ! » ou « Pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons les centres de rétention ».

à République, le cortège est accueilli par des applaudissement. Une heure après, ce seront plusieurs milliers qui repartent. Cette fois pour aller « prendre l’apéro chez Valls », pas vers les quartiers nord de Paris mais vers Bastille. Dans des quartiers où c’est le prix des logements qui sert de grilles...

Denis Godard

 

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