Marche du 17 mars : « Il n’y a jamais eu de politique de l’immigration dans ce pays, mais une police de l’immigration ! »

Le samedi 17 février a eu lieu le lancement public de la marche des solidarités du 17 mars à Paris. Une centaine de personnes sont venues à la Bourse du travail de Paris, repartant avec plus de 10 000 tracts et des affiches.

Ramata Dieng, membre de Vies volées et sœur de Lamine, tué il y a 10 ans par la police, Alioune Traoré, sans-papier, membre du collectif Intégration 21 et de la Coalition internationale des sans-papiers et migrantEs, et Diallo Boubacar, délégué des résidents du foyer de Saint-Ouen, ont expliqué l’importance de cette mobilisation contre le racisme d’État.

Pas des victimes, mais des combattants

Ramata a témoigné de la nécessité d’une lutte politique alors que se succèdent les non-lieux prononcés, au terme de longues batailles juridiques contre les crimes policiers. Alioune a dénoncé la logique de la traque aux sans-papiers et migrantEs, faisant un point spécifique pour dénoncer le nouveau projet de loi asile-immigration. Diallo a expliqué comment la politique de « rénovation » des foyers servait à détruire tous les espaces de solidarité qui permettaient notamment l’hébergement des migrants à la rue.

Puis plusieurs migrants, occupant des locaux de l’université Paris 8, ont montré l’articulation entre le harcèlement policier, les violences qu’ils subissent et le refus de l’accueil. Ils ont dit que, face à cela, ils n’étaient pas des victimes mais des combattants. Ce que tout leur parcours démontre. Demba, de l’Union nationale des sans-papiers et de la CSP75 a indiqué le besoin de l’unité contre le durcissement de la politique raciste du gouvernement. Diallo, du Collectif des travailleurs sans-papiers de Vitry, a dit que les capitalistes des différents pays, de France et d’Afrique, étaient tous frères pour nous exploiter et qu’il fallait avoir, face à eux, la même logique dans notre camp. 

Frapper ensemble 

Kamel Badaoui, pour le Front uni des quartiers populaires a apporté un soutien appuyé à la marche, expliquant « [qu’]en réalité il n’y a jamais eu de politique de l’immigration dans ce pays, mais une police de l’immigration » et appelant à « frapper ensemble ». Le collectif « 20e solidaire avec touTEs les migrantEs » a expliqué combien le processus de mobilisation contre le racisme permettait, dans le 20e arrondissement, de développer chaque front, des violences policières aux foyers en passant par la lutte des sans-papiers, tout en les unissant, particulièrement en ce moment contre le projet de loi Macron-Collomb. Un inter-collectif « Ne les laissons pas faire » s’est ainsi créé.

Alors que monte de partout la contestation contre le projet de loi asile-immigration, la manifestation nationale du 17 mars doit cristalliser la colère pour en obtenir le retrait. En connectant ce projet de loi à la logique sécuritaire et raciste du pouvoir et en mettant au premier rang de cette lutte les premierEs concernéEs, elle permettra de construire un mouvement de fond dans toute la société.

Denis Godard 

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