Marche des Solidarités à Perpignan : on ne nous fera pas taire

Nous le relations dans notre précédent article1 : la préfecture des Pyrénées-Orientales, répondant à la déclaration de manifestation du Comité de soutien aux sans-papiers 66 dans le cadre de la Marche nationale des Solidarités, a interdit à Perpignan le 30 mai « tout rassemblement, réunion ou autre activité à un titre autre que professionnel, sur la voie publique ou dans un lieu public, mettant en présence de manière simultanée plus de dix personnes… ». Une préfecture aux ordres qui a fait preuve d’une rare diligence : la déclaration de manifestation lui a été envoyée lundi à 22h. Sa réponse est arrivée le lendemain matin aux organisateurEs à… 9h22 ! 

Loin de susciter l’effroi attendu, cette interdiction a provoqué l’indignation unanime du Comité de soutien et des organisations (syndicats, associations, partis) qui le composent. Et une volonté redoublée de tenir l’initiative, d’une façon ou d’une autre. Peut-être symbolique du fait des forces actuelles à la sortie du confinement mais bien visible et marquante, et dans laquelle tout particulièrement la CGT, la FSU, la CNT et Solidaires ont tenu à s’engager. Une réaction qui n’a pas manqué d’attirer l’attention des services préfectoraux qui, manifestement embarrassés, se sont empressés de contacter les organisateurEs en laissant entendre – sans revenir explicitement sur l’interdiction - que « les choses pouvaient changer d’ici à samedi »…

Samedi donc, sur une des principales places de Perpignan, une conférence de presse publique rassemblera les représentantEs des organisations (dix maxi, en dehors des journalistes !), avec banderoles et pancartes. Pour réaffirmer notre solidarité avec les migrantEs et dénoncer les atteintes aux droits et libertés démocratiques. Et, comme spécifié aux services préfectoraux, libre à chacun et chacune de venir apporter leur soutien. Tout en respectant bien évidemment les mesures sanitaires et de distanciation physique légale ! Une action particulièrement importante dans la ville dont Aliot, le candidat RN, menace de s’emparer au second tour des municipales, fin juin.

L’action du 30 mai à Perpignan sera poursuivie le samedi suivant, 6 juin, par une nouvelle action – à l’appel de l’Observatoire pour le respect des droits et libertés (ORDL 66) « Non au confinement de nos libertés ! » – à laquelle le Comité de soutien des sans-papiers appelle à participer en défense des revendications des migrantEs dans le cadre d’une défense globale des droits démocratiques brutalement bafoués par le gouvernement.

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