Le 17 mars, dans la rue contre le racisme d’État

Il faut tout faire pour que la marche des solidarités du 17 mars soit un succès.

Parce que cette manifestation pourrait être le point de départ d’un mouvement de révolte contre toute la politique du pouvoir, politique raciste et policière en même temps qu’anti­sociale. Parce que cette manifestation se tient dans un contexte où ce pouvoir met en place la « police du quotidien », renforce les effectifs des flics et leurs pouvoirs dans nos rues, planifie un nouveau projet de loi ultra-répressif contre les migrantEs dans le même temps qu’il attaque touTEs les travailleurEs et ­notamment les cheminotEs.

Développer la révolte

Les familles d’Adama Traoré, de Lamine Dieng, d’Ali Ziri et de tous nos frères tués par la police se battent bien sûr pour la vérité et la justice, par dignité, mais aussi parce qu’elles savent dans leur chair ce que signifie le renforcement de la police et de ses pouvoirs dans nos rues et dans nos quartiers. Et les victimes de l’Assemblée des blesséEs sont là pour dire ce que cela signifie de plus en plus pour tout le mouvement social.

Il faut tout faire pour que cette marche soit un succès.

Parce que cette marche est la première manifestation nationale de rue contre le projet de loi asile-­immigration qui criminalisera touTEs les étrangerEs et renforce la logique d’enfermement et d’expulsion. Il n’y a ni fond ni fin à cette logique qui justifie, associée au prétexte de la lutte antiterroriste, toutes les atteintes aux libertés. De se mouvoir, de circuler mais aussi de s’exprimer et de contester. D’exister tout simplement.

Parce que cette politique tue, par milliers, en Méditerranée comme dans l’archipel des Comores, à Vintimille et à Calais. Qu’elle anonymise les mortEs. Et que nous en sommes tous et toutes défigurés.

Parce que le succès de cette marche sera déterminant pour que la révolte se développe et que d’autres mobilisations soient appelées pour imposer le retrait total de ce projet de loi. 

Construire les solidarités

Des étudiantEs occupent des locaux et des immeubles au côté des migrantEs à Lyon, Grenoble et Paris. Des sans-papiers tiennent des piquets de grève avec la CGT dans la région parisienne. Des réunions et actions se tiennent dans de nombreuses villes contre le projet de loi. C’est ce qu’il faut faire converger.

Il faut tout faire pour que cette marche soit un succès.

Parce que les conséquences de cette politique se donnent à voir en Italie, avec la montée, sur la base du racisme et du nationalisme, des courants les plus réactionnaires et la résurgence publique du fascisme.

Parce que des manifestations auront lieu ce 17 mars, contre le racisme et le fascisme, de Londres à Athènes et de Barcelone à Vienne.

Parce que la marche se tiendra une semaine après le congrès du Front national à Lille. Alors que des courants ouvertement fascistes se développent aux marges du FN et s’inspirent des succès de Casapound en Italie, ouvrent des locaux à Lille, à Lyon ou à Strasbourg. 

Parce que cette marche est l’antidote à construire, dans nos quartiers, dans nos lieux de travail.

Il faut tout faire pour que la marche des solidarités soit un succès.

Parce que les sondages publiés par la presse dominante donnent une majorité à ceux qui pensent que la politique du pouvoir est « trop laxiste », comme ils donnent une majorité à ceux qui sont pour la fin du statut des cheminotEs. Mais, outre les biais des sondages, on sait combien l’opinion peut changer lorsque les luttes cassent les atomisations, construisent concrètement les solidarités et font converger les colères.

Parce que la marche des solidarités se construit aussi dans les foyers de travailleurEs migrants dans nos quartiers. Et que les Chibanis ont gagné après plus de 10 ans de lutte contre la SNCF.

Réaliser l’unité de notre classe

La journée du 17 mars est suivie par celle du 22 mars. C’est une opportunité car il n’y aura pas d’unité de toute notre classe sans solidarité de lutte aux côtés de ceux et celles qui sont les premières victimes des violences de l’État et des discriminations racistes.

Le 16 décembre, à Menton, un syndicaliste cheminot était intervenu lors de la manifestation de solidarité avec les migrantEs et pour l’ouverture des frontières. Au nom de ses camarades il avait dénoncé la « collaboration » de la direction de la SNCF à la politique de l’État : « Les similitudes entre ces agissements et une période noire de notre histoire nous consternent et créent de la colère. Nous sommes, pour la plupart, des héritiers de la Résistance, nous avons le devoir de dénoncer publiquement les injustices qui frappent des victimes de la guerre, de la famine et du réchauffement climatique ».

Une coordination nationale de lutte contre les politiques anti-migratoires est appelée à Lyon le week-end suivant la marche. Il faut tout faire pour que la marche soit un succès. Pour qu’elle ait des lendemains qui chantent plus fort qu’ils ne pleurent.

Denis Godard

Appel à la marche : https ://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/010318/appel-la-marche-des-solidarites-du-17-mars-0

Page Facebook : https ://www.facebook.com/marche17mars/

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