La marche Vintimille-Calais fait étape à Marseille

C’est sous l’arc de la porte d’Aix que les MarseillaisEs ont accueilli, le week-end dernier, et acclamé les marcheurEs partis de Vintimille le 30 avril. Après une étape à Aix, ils et elles arrivaient de Saint-Antoine après 4 heures de marche dans les collines des quartiers Nord de Marseille.

Dans une atmosphère nationale délétère, c’est au moyen de silhouettes en carton et derrière des masques que les migrantEs sont représentés, et ce pour leur sécurité. Mais parmi les 2 000 personnes qui ont défilé à travers le quartier populaire de Belsunce jusqu’à l’ombrière du Vieux-Port, nombreux étaient les migrantEs présents parmi les citoyenEs et les membres des différentes -associations et -organisations participantes.

Solidarité et radicalité

Le cortège, volontairement sans banderoles ou drapeaux politiques/syndicaux, bon enfant, a chanté des slogans très clairs autour de trois revendications : accueil de tous les migrantEs ; fin des blocages aux frontières ; suppression du délit de solidarité.

Après le traditionnel « 1re, 2e , 3e génération », c’est le slogan « De l’air, de l’air, ouvrez les frontières » qui a été entonné, afin de dénoncer la politique migratoire honteuse de l’État français : politique répressive à la frontière franco-italienne, avec une chasse aux migrantEs et aux soutiens solidaires, blocages et traitements inhumains faits à la frontière franco-britannique. En fin de cortège, un cran dans la dénonciation a été lancé avec le « Siamo tutti antifascisti » car les manifestantEs voulaient crier haut et fort leur haine contre les groupes identitaires qui sillonnent les Alpes, en toute impunité, afin d’empêcher le passage d’hommes, de femmes et d’enfants risquant leur vie chaque jour dans le seul but de trouver un peu de paix. Groupes d’extrême droite qui régulièrement violentent verbalement ou physiquement les migrantEs, comme lorsque l’Action française ou le Bastion social vont tracter à la gare Saint-Charles à Marseille, lieu connu de touTEs comme étant un « abri » de fortune pour les migrantEs, souvent mineurs, n’ayant pas eu de moyen de se loger (et bien souvent, de se nourrir).

La marche, qui va durer jusqu’au 7 juillet (jour d’arrivée à Douvres/Londres) en passant par 60 étapes, initiée par l’Auberge des migrants et la Roya citoyenne, est constituée d’une base de 45 à 100 personnes selon les parcours. Elle est soutenue par les associations locales qui défendent l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de lhomme et du citoyen (« Toute personne a le droit de circuler librement ») : Cimade, Médecins du monde, Resf, Attac… et pour Marseille spécifiquement El Manba (collectif local d’aide aux migrantEs), Solidaires et Visa 13.

Nous espérons que cette marche sera aussi bien accueillie lors des autres étapes, qu’elle s’amplifiera et qu’elle donnera à voir une image solidaire, humaine et de liberté, bien loin des discours dominants et des politiques d’État.

Correspondante

Calendrier des étapes : https://www.laubergedesmigrants.fr/fr/la-marche-citoyenne/

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