Hommage à Catherine Grupper, notre amie, notre camarade, notre sœur de combat !

Depuis quelques jours, l’annonce du décès de Catherine provoque incrédulité et tristesse chez les militantEs qui la connaissaient. Bien sûr nous avions constaté sa grande fatigue, et nous savions qu’elle luttait contre la maladie. Mais comment pouvions nous admettre qu’elle nous quitte un jour ? Depuis un demi-siècle, elle aura été de tous les combats, de toutes nos manifestations, mettant toute son énergie à diffuser des tracts d’appel à une nouvelle mobilisation, créant des passerelles entre les groupes, les associations, les individus, persuadée que la question de l’unité était centrale dans l’édification de notre camp social.

Des combats multiples

Militante infatigable, elle s’engage en 1968 alors qu’elle est jeune étudiante en rejoignant le Mouvement du 22 mars. Elle rejoint dès sa création la Gauche prolétarienne, n’hésitera pas à s’établir en usine pour y diffuser les idées révolutionnaires et subira la répression du mouvement maoïste qui la conduira à la prison de la petite Roquette en 1970.

Militante de la première heure au sein du MRAP au côté de son ami Mouloud Aounit, elle n’esquiva pas la confrontation politique en son sein, s’exprimant publiquement contre l’islamophobie qu’elle pensait avec justesse être une arme de division.

Ses engagements, ses combats auront été multiples : militante internationaliste engagée dans la campagne pour la libération de Mumia Abu-Jamal, elle ne manquait aucun rassemblement le mercredi devant l’ambassade des USA, dussent-ils parfois ne regrouper qu’une poignée de camarades. Elle rejoint Ras l’Front dès sa fondation, considérant avec clairvoyance que la lutte contre le fascisme et la banalisation du F-haine nécessitaient d’organiser un front large contre la bête immonde. Militante anticarcérale convaincue, elle est à l’origine de la création du collectif « Ne laissons pas faire » en soutien aux militantEs incarcéréEs d’Action directe, de même qu’elle aura été engagée jusqu’à ses derniers jours dans la campagne internationale pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Enfin, elle participait activement au collectif Autonomie de Classe (A2C) où elle laissera particulièrement aux jeunes militantEs un exemple de courage et de détermination, de passeuse d’idées. Passionnée de théâtre et de peinture, elle n’hésitait pas à rappeler en permanence l’aspect essentiel de la culture trop souvent mis de côté dans les milieux militants.

Catherine restera pour nous toutes et tous un exemple de modestie, de gentillesse et de détermination. Hasta Siempre Amiga !

Alain Pojolat

Un hommage amical et militant sera rendu à Catherine dimanche 17 novembre de 14h à 18h à La Belle Étoile, théâtre de la Compagnie Jolie Môme, 14 allée Saint Just, 93200 Saint-Denis (métro Front populaire-Aubervilliers, ligne 12). 

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