Ford Blanquefort : tenir bon pour élargir la mobilisation

En dévoilant ses intentions de se désengager de l’usine FAI, la multinationale passe à l’offensive en développant sa communication quasiment inexistante jusque-là.

Son objectif est de nous faire plier, de nous faire accepter le fait que c’est fini, que Ford n’a aucune activité à apporter, qu’elle s’en va, qu’il faudrait passer à autre chose, à un repreneur par exemple, aussi peu crédible que ce soit. Évidemment le gros risque est là, dans ce fatalisme quasi automatique. 

Nombreuses actions 

Pourtant du côté des salariéEs, l’écœurement et la colère sont bien là contre des dirigeants qui n’ont cessé de mentir. Bien sûr il y a l’envie de répondre, de s’opposer à cette décision inacceptable, de mener une bataille pour imposer le maintien de l’usine et des emplois. Cela s’exprime par une baisse de la production spectaculaire, ça ne travaille plus beaucoup dans les secteurs. 

La direction locale ne maîtrise pas la situation, elle tempère, attend que ça passe. Des actions sont organisées par l’intersyndicale comme la journée « usine morte » du vendredi 9 mars avec une grève quasi totale, une manifestation dans Bordeaux et des dirigeants de Ford Europe un peu chahutés. D’autres actions sont préparées comme des distributions de tracts à la population. 

Nous prévoyons un accueil des dirigeants qui viennent ce jeudi 15 mars à l’usine. La tension monte car il n’est pas question de baisser les bras et de marcher dans le piège grossier qui consiste à nous dire que si on travaille bien alors on accroît les chances d’avoir un bon repreneur. Quelle sinistre blague.

Étendre le mouvement

Nous sommes opposés à un repreneur pas seulement parce que c’est une solution bidon mais surtout parce que nous ne donnons pas le droit à la multinationale de partir. Dans la vie on ne fait pas toujours ce qu’on veut et Ford a des comptes à rendre, des obligations à ­tenir vis-à-vis de la collectivité ­(salariéEs, population).

La force de notre mobilisation sera déterminante. Mais seulEs, les salariéEs de Ford n’auront pas assez de force. On le sait. C’est pour cela que nous tentons d’élargir, de construire une riposte avec d’autres, de tisser des liens avec les étudiantEs, les postierEs, les cheminotEs… La question de la défense des emplois c’est l’affaire d’une population, d’un touTEs ensemble. C’est comme ça que nous ­pouvons ne pas perdre.

Il y a urgence pour nous à construire un comité de soutien avec les habitantEs, des artistes, des intellectuelEs, pour sensibiliser la population, pour exprimer clairement une colère, le refus de se résigner, pour changer la donne pour de bon.

Philippe Poutou

 

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