Faurisson : mort d’une crapule malfaisante

Le 21 octobre est mort, à Vichy (!), Robert Faurisson, figure emblématique en France, depuis les années 1970, du courant négationniste. S’appuyant sur de pseudo-travaux historiques, il niait la réalité de l’extermination des Juifs par le régime nazi et l’existence même des chambres à gaz, prétendant démontrer que les monceaux de cadavres étaient le résultat d’épidémies de typhus.

Faurisson a cherché à faire du génocide un point d’histoire dont l’existence même peut être un objet de controverses scientifiques. Il peut certes y avoir des débats sur le calendrier et les mécanismes de décision des dirigeants nazis, mais l’existence de la machine de mort hitlérienne et des millions de morts qu’elle a générés est un fait établi.

Il est à regretter que ce charlatan dénoncé par tous les vrais historiens ait trouvé des cautions. À l’extrême droite, bien sûr, mais aussi dans d’autres milieux. Soit à gauche, plus précisément dans des courants « ultra-gauches », au nom de la liberté d’expression et d’un prétendu sérieux de ses travaux. Soit dans d’autres milieux, en France (notamment du côté de Dieudonné) et notamment dans certains cercles dirigeants iraniens, car il offrait des justifications supplémentaires à leur antisémitisme camouflé en antisionisme.

Pour nous les chambres à gaz ne sont pas « un détail de l’histoire » comme l’avait énoncé Jean-Marie Le Pen. L’antisémitisme doit être combattu sans aucune concession. Mais, sur un autre plan, nous continuerons à refuser d’assimiler toute critique de l’État d’Israël, toute dénonciation de sa politique et de ses dirigeants à de l’antisémitisme. Se démarquer de tous ceux qui se refusent à tracer une claire ligne de partage entre antisionisme et antisémitisme est nécessaire. Qu’il s’agisse de certains soutiens mal inspirés de la cause palestinienne qui, s’ils ne sont pas antisémites eux-mêmes, ne ressentent pas le besoin permanent d’une claire démarcation. Ou, à l’inverse, de ceux qui criminalisent la campagne BDS et soumettent à un chantage incessant les réfractaires à un soutien inconditionnel à Israël, à l’instar des campagnes menées en Angleterre contre le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn, et en France contre le chercheur Pascal Boniface.

En tout cas, le monde compte un malfaisant de moins.

HW

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