Contrôles de la honte

Vendredi 29 avril, des salariés ont révélé que des contrôleurs étaient obligés de compter les migrants dans le bus 61 de Twisto, reliant Ouistreham à Caen. Dans une note révélée par France Bleue Normandie, il leur est en effet demandé de « faire deux contrôles sur la ligne 61 par équipe. La préfecture nous demande de maintenir ce niveau de présence. Si vous suspectez la mise en place de squat, merci de remonter l’information (lieu précis) ». Cette note est assortie d’un tableau avec quatre colonnes distinctes : « Vers Ouistreham / Vers Caen / Nombre de migrants contrôlés / Nombre de migrants verbalisés »...

« Des agents nous ont alertés », raconte Samuel Varnier, secrétaire CGT du CHS-CT de la société. Direction de la société et préfecture se renvoient la balle. La société de transport a assuré aux représentants du personnel avoir agi sur injonction de la préfecture. La préfecture a une autre version : « Des signalements venant des opérateurs de transports publics sont spontanément remontés auprès des forces de l’ordre », explique un communiqué. Il précise toutefois : « Il a été alors suggéré de procéder à des contrôles plus réguliers sur les lignes où des infractions étaient régulièrement commises ». Chaque mot est pesé puisque la préfecture n’aurait pas ordonné mais suggéré des contrôles...
Un avocat averti par la CGT s’interroge : « Est-ce que le comptage est basé sur l’apparence physique ? » Et un représentant du Gisti (Groupe d’information et de soutien aux immigrés) insiste : « Comment on repère que les gens sont des migrants ? Ça induit évidemment l’apparence physique. C’est du contrôle au faciès. »
Le représentant de la section CGT retraités a assisté à l’une des opérations de comptage. Cité par Libération, il fait à juste titre la comparaison avec une autre époque : « Quand par décret le gouvernement de l’époque a réquisitionné des bus pour procéder à ce qu’on a appelé la rafle... »

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