Alpes-Maritimes : la répression ne s’embarrasse pas du droit

En s’attaquant aux militantEs humanitaires ou du mouvement social les plus en vue, mais également en interpellant des simples citoyenEs qui ont la malchance de se trouver au mauvais  lieu au mauvais moment, le pouvoir entend briser toute forme de résistance. Cette répression tous azimuts dans les Alpes-Maritimes prouve bien que l’agression du 23 mars contre Geneviève Legay n’avait rien d’un acte isolé.

Chaque manifestation voit ainsi son lot arbitraire de gardes à vue, mises en examen, perquisitions.
Le cas de notre camarade Olivier Sillam, militant de la FSU, témoigne de cet acharnement du pouvoir politique. Déjà poursuivi à l’issue de la manifestation syndicale du 9 mai pour outrage, rébellion et violence (il passe au tribunal le 19 décembre ), il est à nouveau convoqué au tribunal le 22 avril 2020 pour avoir dénoncé les agissements du commissaire Souchi, lors de la Marche des Fiertés du 27 juillet à Nice.

Répression tous azimuts
Les derniers jours d’octobre ont vu se télescoper, dans la région, un certain nombre d’événements qui confirment la détermination du pouvoir à s’opposer à toute forme de contestation.
Ainsi le harcèlement envers Cédric Herrou se poursuit. Il vient de vivre, le samedi 26 octobre sa 11e garde à vue, avec deux autres membres de sa communauté rurale Emmaüs Roya, d’origine africaine en situation régulière, suite à un contrôle au péage d’auto­route, alors qu’ils allaient vendre leurs produits au marché à Nice. Ils ont été libérés sans poursuites après plusieurs heures de garde à vue, et ainsi perdu la recette de la vente de leurs produits.
Ce même samedi 26 octobre, à Nice, lors d’une action pour dénoncer les agissements de la Société générale (évasion fiscale, investissements dans les énergies fossiles), neuf participantEs, dont des militantEs d’Attac, d’Extinction Rebellion et des Gilets jaunes ont été interpellés. Après 48 heures de garde à vue, huit sont poursuivis pour dommages graves et participation à un groupement temporaire formé en vue de commettre des dégradations et des « violences volontaires ». Le neuvième est poursuivi pour complicité de dégradations.
Le jeudi 31 octobre, c’est Manon Aubry, eurodéputée de La France insoumise, qui s’est vue refuser l’accès aux locaux de la police aux frontières à Menton, au mépris du droit des éluEs de visiter les lieux de privation de liberté (article 719 du Code de procédure pénale).
Nous ne fléchirons pas devant cette répression qui vise à nous intimider, à étouffer toute liberté d’expression et à briser toute  mobilisation du mouvement social.
Correspondant

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