Valls déclare la guerre aux sans-papiers.

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Dans un état de santé critique après 59 jours de grève de la faim pour obtenir leur régularisation, Ahmed B. et Azzedine B., viennent d’être expulsés ce dimanche 30 décembre 2012 à 7h30 du matin via un vol d’Air France à destination d’Alger…Le fameux « partenariat d’égal à égal » revendiqué par François Hollande lors de sa récente visite en Algérie révèle une certaine vision de l’égalité : celle du colon.

 

Qui sont Ahmed et Azzedine ?

 

Deux grévistes de la faim parmi la cinquantaine de sans-papiers en lutte qui ont cessé de se nourrir depuis le 2 novembre 2012. Arrêtés arbitrairement vendredi 21 décembre lors de leur expulsion de l’église Saint-Maurice de Lille, et détenus pendant une semaine au centre de rétention de Lesquin, ils avaient tout d’abord été déclarés non expulsables lors d’un premier jugement rendu vendredi 28 décembre. 24h auront suffit pour contrer cette décision : le samedi 29 décembre le tribunal a prononcé leur expulsion, suite à l’appel déposé en urgence par la préfecture du Nord.

 

Valls commandant de bord

 

Depuis le début du mouvement, la préfecture du Nord a nié la réalité de la grève de la faim et systématiquement organisé la dispersion des grévistes, l’expulsion violente des lieux d’occupation, l’exclusion des services publics de santé et a multiplié les humiliations.

 

Aujourd’hui, alors que l’état de santé des grévistes devient inquiétant et que les enjeux politiques du mouvement ne peuvent plus être circonscrits à la simple métropole lilloise, l’annulation expresse du jugement initial pour obtenir l’expulsion d’Ahmed B. et de Azzedine B. constitue un véritable saut qualitatif dans la volonté des autorités de briser le mouvement et d’empêcher l’extension de la solidarité.

 

Mise en échec par l’impressionnante détermination des sans-papiers en grève et du Comité des Sans Papiers du Nord (CSP59), la préfecture du Nord est maintenant reléguée au simple rôle de ventriloque du ministère de l’Intérieur. Afin de garantir l’application de sa politique raciste et sécuritaire, dans la droite ligne des Hortefeux, Guéant, Besson et pour le plus grand plaisir de la famille Le Pen, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a repris fermement les commandes, un kärcher à la main.

 

Amplifier le mouvement

 

Aujourd’hui, seule une victoire est envisageable : la régularisation revendiquée par les grévistes.

 

Toutes et tous, nous devons répondre à l’échelle de l’attaque et permettre l’amplification du mouvement. Face à Valls et au silence des médias c’est l’ensemble des organisations politiques nationales, associations, syndicats et collectifs qui doivent se mobiliser, s’unir et informer.

 

Des actions et manifestations de solidarité s’organisent à Paris et dans différentes villes de France, elles doivent se généraliser et prendre un caractère massif. Le NPA y participera, comme il l’a fait depuis le début et encourage l’ensemble des groupes et organisations anti-racistes et anti-colonialistes à s’y joindre, à les initier, à les multiplier.

 

Le changement, c’est pas l’embarquement !

 

Ni répression, ni expulsions, ni rétention : des papiers pour tous !

 

L’égalité des droits ça ne se divise pas : droit de vote pour tous !

 

La dignité ça ne se négocie pas ! Vive la lutte des sans-papiers !

Lille, Le 29 décembre 2012