Égalité des droits pour toutes et tous !

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À quelques jours du vote de la loi, le dimanche 27 janvier, un large cadre unitaire organise une manifestation nationale pour exiger l'égalité et refuser de laisser la rue à la droite et à l’extrême droite, aux réactionnaires et aux homophobes.

Il faut être nombreux et nombreuses d’abord pour arracher l’égalité pleine et entière des droits entre homos et hétéros. Le projet du gouvernement envisage un droit au rabais avec le mariage pour (presque) touTEs, qui restera interdit aux étrangerEs dont le pays d’origine ne reconnaît pas le mariage pour les couples homosexuels, et une injustice maintenue avec la procréation médicalement assistée (PMA) toujours refusée aux lesbiennes. Sur cette question aussi, nous n’obtiendrons du gouvernement que ce que la mobilisation lui imposera, d’autant que chaque recul du gouvernement ne fait qu'encourager et renforcer le camp réactionnaire.

Pour la justice sociale

L'accès au mariage, à l'adoption et à la filiation est une mesure de justice autant que d'urgence, pour mettre fin à des situations parfois dramatiques.
Ce sont aujourd'hui 100 000 à 300 000 enfants qui vivent dans des foyers homoparentaux. Des enfants qui ne sont pas moins « équilibrés » et épanouis que les autres, mais dont les familles n'ont pas d'existence légale. L'un de leurs parents n'a aucune responsabilité, aucun droit, notamment de garde en cas de décès du parent « légal ».
Avec son projet de loi, le gouvernement se contente d'une mesure à minima, qui lui permet de se redonner un vernis de gauche. Il espère nous faire oublier à peu de frais qu'il comprime les budgets des services publics, supprime des dizaines de milliers d'emplois, laisse faire les licenciements et casse le droit du travail, qu'il poursuit la politique d'expulsions de Sarkozy et oublie une autre promesse du PS, le droit de vote pour les étrangers et les étrangères.

La réaction en manifestation

Il n’était pas facile pour la droite de trouver un terrain sur lequel se différencier de la politique menée et mobiliser contre le gouvernement. Elle ne pouvait en trouver l’occasion ni sur l’interdiction des licenciements ni sur la réduction du temps de travail ni sur l’augmentation des salaires ni sur la régularisation des sans-papiers ni sur l’intervention militaire au Mali… tant la politique du PS se distingue peu de la sienne. Il n’y a guère que l’ouverture du mariage aux couples homosexuels dont elle pouvait s’emparer pour descendre dans
la rue. Elle l’a fait.
Si la manifestation du 13 janvier n’a pas été la déferlante prédite par les organisateurs, elle a quand même été un succès. L’Église catholique, flanquée pour l’occasion d’un militaire en retraite, en a été la principale force organisatrice, mettant toute sa logistique et ses énormes moyens au service du rassemblement de la réaction et de l’ordre moral.
Elle a ouvert ses bras, ou les rangs du cortège, à la droite, laissant Copé s'afficher en tête de cortège. Elle a aussi laissé une place au FN – sans Marine Le Pen partie en croisade contre « les partis de la mondialisation », UMP et PS mis dans le même sac, dénonçant la manifestation comme une manœuvre de diversion – ou aux intégristes de Civitas…
Avec cette « manif contre tous », contre l’égalité et la justice, les réacs cherchent à faire pression sur la société au nom de la famille et d’un prétendu « ordre naturel ». L’UMP va prendre le relais sur le terrain parlementaire en espérant être la principale bénéficiaire de la suite de l’affrontement avec le gouvernement.

La gauche de rue doit riposter

L'opposition de droite choisit le terrain de l’ordre moral, rien de plus normal. Le gouvernement tergiverse. Il y a besoin d'une opposition de gauche qui ne cède rien sur l'égalité totale des droits.
L'homophobie, le racisme et le sexisme sont autant de poisons pour diviser celles et ceux qui subissent la crise, l'austérité, les attaques patronales. L'égalité des droits est une question de justice sociale, autant que de lutte pour l'unité de celles et ceux qui subissent l'exploitation, l'oppression, les discriminations.
Samedi 19 janvier, des milliers de manifestantEs pour l’égalité sont descendus dans la rue à Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nice, Rennes, Strasbourg, Rouen et une quinzaine d'autres villes, et ce n’est qu’un début !
Sans hésiter, pour exiger l'égalité des droits concernant non seulement le mariage mais l'adoption, la filiation, la PMA pour les homosexuelLEs, le droit de vote pour les résidentEs étrangerEs, et la régularisation de touTEs les sans-papierEs, toutes et tous dans la rue dimanche !
Christine Poupin